Etant jeune, je n’ai jamais eu de rêve de maternité. Je ne savais pas si je voulais des enfants, ni combien.
D’ailleurs, j’ai mis longtemps pour me décider, repoussant, trouvant toujours une nouvelle excuse : "Je veux perdre du poids, avoir un travail puis une maison, une voiture, un chien, un chat, un poisson rouge …"
Finalement, à la naissance de Lana, j’ai eu une révélation. Je me suis tout de suite sentie maman. Tout était tellement simple, tellement naturel, tellement facile. Trouvant les bons mots, les bons gestes, une force et une assurance que je n’avais jamais eu jusqu’ici.
Ça a été très dur de reprendre le travail au bout de 6 mois. De confier mon bébé à quelqu’un d’autre. De déléguer. De passer plus de temps au boulot qu’avec ma fille. Courir sans arrêt et n’avoir que deux petits jours à lui consacrer.
Prendre un congé parental à la naissance d’Améline était donc une évidence. Une envie, un besoin.
Je peux bien l’avouer maintenant … Jamais je n’aurai pensé que c’était si dur moralement ! J’ai fait beaucoup de sacrifices, j’ai beaucoup donné pour rendre mes filles heureuses.
Bien sûr je ne le regrette pas une seule seconde. Mais je n’ai pas du tout pensé à moi ces dernières années.
Et finalement, le travail ça me fait des vacances !
Parfois, je me surprends même à rêver d’une réunion qui termine tard, histoire d’arriver pile au moment du bisou du soir !
Je veux du temps rien que pour moi. Je veux être une femme avant tout.
Alors, c’est vrai que ce genre de sentiments inavouables me ronge parfois de culpabilité … mais je suis malgré tout une bonne mère.
Je suis une bonne mère indigne qui assume … plus ou moins bien !


